La grande morelle, légume peu connu au Cameroun?

Dans un précédent article, je parle de ce légume : le nkea : l’aubergine de l’autre côté )

J’ai connu l’existence de la grande morelle il ya quelques années seulement et depuis lors, elle figure parmi les légumes les plus attrayants au potager.

La grande morelle à la fois légume fruit et légume feuille
La grande morelle, à la fois légume-feuille et légume-fruit

La grande morelle fait partie de la famille des solanacées. Au Cameroun, elle est connue sous le nom de « nkéa » en langue bassa et duala. Cette appellation est la plus populaire mais sous d’autres langues locales, elle connaît d’autres appellations comme celle d’etoué zom en ewondo. L’espèce la plus prisée au Cameroun possède de larges feuilles aux bordures terminées en pointe et ses fruits ont une couleur jaune au stade de la maturité. Bien que cataloguée comme légume – feuille, la grande morelle est également consommée pour ses fruits. Cette double comestibilité est beaucoup plus observée au Bénin et au Togo où l’espèce cultivée fait partie du top 3 des légumes-feuilles traditionnels les plus consommés. Au Cameroun par contre, la grande morelle ne figure pas dans la liste des 5 premiers légumes feuilles les plus consommés. Pour connaître la raison de cette impopularité, j’ai mené une petite enquête et je suis parvenu à tirer quelques conclusions :

  • La grande morelle connaît une production limitée : c’est le constat fait sur la place du marché. En effet, la grande morelle n’est pas présente en abondance et de façon courante sur le marché à la différence des autres légumes feuilles. Cette situation semble résulter de la mauvaise technique de production employée par les producteurs de ce légume.
  • La grande morelle est chère : étant donné la rareté de ce légume sur la place du marché des vivres frais, elle est généralement commercialisée à un prix élevé.
  • Certains ménages ignorent comment l’utiliser en cuisine : c’est l’une des raisons qui pousse également les ménages à se désintéresser de ce légume. La plupart ignore comment le transformer en cuisine.

La culture de la grande morelle ne relève pourtant pas du miracle. Toute personne qui s’y intéresse saura tirer son épingle du jeu. Alors, il faut savoir que c’est un légume qui peut être cultivé durant toute l’année, mais avec des rendements meilleurs en saison pluvieuse. À mes débuts , tout n’a pas été réluisant mais j’ai pu au moins produire quelque chose. Pour mener cette culture, j’ai commencé avec quelques plants en pépinière avant de les repiquer au sol.

Plants grande Moselle (6 jours)
Plants à 6 jours
Plants grande morelle (13 jours)
Plants 14 jours
Repiquage plants grande morelle
Répiquage (3 semaines )

Je dois également noter que du compost et de l’engrais organique ont été incorporés non seulement à la pépinière mais egalement au sol. Pour le répiquage, j’ai procédé par sélection et j’ai choisi les plants les plus vigoureux. Inutile de rappeler que l’arrosage est important tant pour la pépinière (matin et soir) que pour les plants repiqués (il est préférable de proceder au repiquage en fin d’après-midi pour que les plants puissent bien prendre et les arroser après les avoir repiquer). Si les plantes sont solides elles pourront faire face aux ravageurs et aux maladies qui peuvent éventuellement survenir.

Feuille grande morelle attaquée par une maladie
Feuille de grande morelle attaquée

Toutefois, il est préférable de prévenir ces désagréments en effectuant par exemple une rotation de culture et une désinfection du sol. En cas d’attaque, des solutions à base de produits du neem sont préconisées et dans certains cas la méthode radicale : l’arrachage et le déplacement des plants attaqués.

La grande morelle ne connaît pas la popularité des autres légumes feuilles traditionnels au Cameroun peut-être à cause des points mentionnés plus haut. Pourtant elle mérite plus de considération d’une part des producteurs qui doivent trouver des techniques de production leur permettant de produire en masse afin d’en tirer un grand profit et d’autre part des consommateurs qui pourront bénéficier des apports nutritionnels de ce légume. En attendant, la grande morelle connaît des jours meilleurs dans nos potagers et fait aussi le bonheur de nos palais.

La biodiversité au potager

Biodiversité, vous avez dit? Vous m’aurez demandé la signification de ce mot il ya quelque années, j’aurais été incapable de vous la donner. La donne à nos jours a quelque peu changé toutefois, je ne suis pas devenu un expert sur le sujet. J’ai pu seulement glaner quelques brins d’informations à propos et je me suis rendu compte que dans le tout petit espace qu’est mon potager, qu’à cette petite échelle, je contribue à entretenir la biodiversité.

Plante poussant spontanément au potager

En effet, les plantes que je fais pousser et celles qui poussent spontanément attirent inéluctablement d’autres individus. Certains viennent pour s’installer définitivement, d’autres sont là le temps d’un repas, d’un accouplement ou d’une ponte d’oeufs. On dénombre parmi ces individus, des insectes principalement et des mollusques. Certains sont nuisibles pour les plantes, d’autres sont inoffensifs et plutôt bénéfiques pour elles.

Ces ravageurs au potager

Les pucerons

Pucerons sur une feuille d'amarante
Pucerons sur une feuille d’amaranthe

Au rang des insectes nuisibles auxquels je suis en permanence confronté au potager, on compte en premier les pucerons. Ces petites bêtes très actives durant la saison humide se trouvent généralement à l’arrière des feuilles de leur plante hôte dont elles se nourrissent du suc. Lorsqu’ils sont en grand nombre, certains occupent la tige de la plante et si vous ne réagissez pas au plus vite, celle-ci ne fera pas long feu. Vous pouvez repérer la présence de ces bestioles lorsque des fourmis se mettent soudainement à défiler sur vos plantes en permanence. Ces dernières sont en effet attiré par une substance sucrée (miellat) que secrètent les pucerons. Entre ces espèces, un partenariat tacite nait dès lors : les pucerons produisent du miellat pour les fourmis et celles-ci en retour leur accordent protection contre d’autres insectes.

Les autres ravageurs au potager

Escargot
Escargot
Chenille
Chenille
Limace noire sur une feuille de gombo
Limace

Les autres ravageurs qui rejoignent la liste sont les cochenilles, les escargots, les limaces et les chenilles. Ces dernières peuvent créer d’énormes dégâts si leur population n’est pas régulé. Des petits lézards ainsi que des oiseaux m’aident parfois dans ce sens. Si vous faites face à des ravageurs indélicats, vous trouverez certaines astuces du terroir pour en venir à bout sur https://www.lavoixdupaysan.net/insecticides-fongicides-des-methodes-naturelles-pour-proteger-les-plantes-contre-les-ravageurs

Les insectes bénéfiques au potager

Les papillons

Papillon sur des fleurs naissantes d'épinards

Le potager est également un abri, un lieu de rencontre pour certains individus inoffensifs et bénéfiques pour les plantes qui s’y installent ou qui sont simplement de passage. Les individus qui ont adopté ces comportements sont les papillons.

Les papillons sur les images ont fait du potager leur refuge. De petite taille, ils attendent généralement les rayons du soleil pour virevolter avec des acolytes de la même espèce parmi les légumes. Ils se cachent pour la nuit entre les feuilles d’épinard, plante qu’ils affectionnent particulièrement étant donné qu’ils y passent le plus clair de leur temps. Les autres papillons se montrent au potager le temps de se poser, de faire un brin de bronzage, de savourer le nectar de quelques fleurs et continuent leur chemin. J’ai eu le temps de prendre quelques uns en image.

Les abeilles et les bourdons

À la suite des papillons, le potager reçoit également la visite d’autres invités de choix en l’occurrence les abeilles et les bourdons. Durant la floraison des plantes au potager, ils nous offrent un festival tous les matins. De part et d’autre du potager des bourdonnement incessants de ces grands pollinisateurs allant ici et là, se délectant du nectar des fleurs et recoltant du pollen. Ce va et vient d’une fleur à l’autre est connu sous le terme de butinage matinal.

Malheureusement, ces insectes ne sont pas permanents au potager. Il faut attendre une floraison massive pour les voir débouler de tous les coins.

En dehors de ces insectes trop voyant et bruyant, le potager sert aussi d’abri à certains qui se veulent plus discrets et fondent parfaitement dans le paysage. J’ai ainsi été surpris de voir une coccinelle qui semblait y avoir établi ses quartiers. D’ après l’observation que j’ai faite, elle ne semble pas être nuisible pour les plantes mais a plutôt un goût prononcé pour les cadavres d’insectes. Une charogne en miniature.

Grande a été également ma surprise de faire la rencontre d’une mante religieuse au potager. Camouflée parmi les feuilles des plantes pendant des jours, elle s’est faite discrète. Suite à une journée pluvieuse, elle décide enfin de sortir de sa cachette, mais cela lui a coûté très cher : elle a été happé par un oiseau. Après cet « incident malheureux « , j ‘en ai vu une autre mais depuis lors, plus rien. Soit elle s’est envolé pour d’autres refuges, soit elle a connu le même destin que la précédente.

Le potager possède une biodiversité vivante et changeante au gré des saisons. Les interactions que les espèces entretiennent entre elles sont étonnantes et bouleversantes. À cette petite échelle, on peut imaginer ce qui se déroule à une plus grande. Des végétaux pour la plupart dépendent des insectes, des oiseaux ( par le biais de la pollinisation et de la régulation des ravageurs) pour leur survie et vice-versa. Bref, les uns ont besoin des autres. Créer un jardin au naturel, c’est sauvegarder la biodiversité.

Ces « plantes médicinales » courantes dans nos jardins

Vous cultivez uniquement des légumes dans votre potager? En ce qui me concerne, mon potager est constitué de légumes et de quelques « plantes médicinales ». Ces dernières, extrêmement connues occupent une place importante dans notre phytothérapie. J’ai opté pour la culture de 03 espèces uniquement en raison d’un souci d’espace au potager et pour leur efficacité face à certains problèmes de santé qui surviennent de manière courante. Ces « plantes médicinales  » présentes dans mon potager sont : la citronnelle, le dartrier et l’aloe vera.

Comment faire pousser ces plantes medicinales dans un jardin à espace restreint?

Faire pousser la citronnelle et de l’aloe vera ne nécessite pas assez d’espace et est très facile. Vous avez plusieurs possibilités : vous pouvez trouver un seau usé, le remplir de terre, y planter la bouture de l’aloe ou la tige de la citronnelle, un peu d’eau de temps en temps et la nature fera le reste (d’autres boutures ou tiges émaneront de la racine mère). À défaut, si vous désirez effectuer une culture assez conséquente, vous pouvez utilisez des pneus de voitures et remplir de terre l’espace interieure ou aménager dans un coin de votre jardin, une petite montagne de terre où vous planterez soit l’aloe vera soit la citronnelle. Ces différentes méthodes contribuent également à apporter un côté esthétique à votre jardin pourvu que vous l’entreteniez en permanence. Le dartrier quant à lui pousse à partir d’une graine et a tendance à occuper de la place surtout lorsqu’il parvient à maturité. Il est préférable de le faire pousser à même le sol. Il pourra ainsi se mouvoir facilement.

Citronnelle
Aloe vera
Jeune dartrier

Quels sont les bienfaits de ces plantes médicinales ?

Les bienfaits de ces plantes ne sont plus à démontrer. Comme il a été mentionné plus haut, elles contribuent à lutter efficacement contre les maux et les problèmes de santé qui perturbent quelques fois notre vie quotidienne. Durant les périodes froides, favorables à la survenance des allergies et problèmes respiratoires tels que le rhume et la toux, la citronnelle est utilisé dans la composition de certaines boissons ou tisanes ( bues chaudes) pour permettre le soulagement et même la rémission complète de ces maux. À cet effet, lorsque vous allez vous procurer des feuilles de citronnelle dans votre jardin, coupez sous la taille de la feuille et non au niveau de la cime. Cela permettra une repousse rapide et la citronnelle ne pourra pas dépérir. Dans notre environnement, le dartrier est généralement utilisé (feuilles) pour soigner certaines maladies de la peau. Sous d’autres cieux, on lui reconnaît de nombreuses autres vertues. Des vertues sont également reconnus à l’aloe vera. Toutefois, sa popularité au niveau local réside dans son efficacité à soulager les douleurs abdominales bénignes et à faciliter la digestion. Et vous, quelles plantes médicinales avez-vous dans votre jardin?

Du maïs au potager

Il ya quelques temps de celà, J’ai semé du maïs dans mon jardin potager. Vous me demanderez ce que le maïs fait dans un potager certainement, alors, je vous répondrai que c’est une pratique assez courante en Afrique. Un jardin africain est généralement occupée de légumes à 80% et les 20% restant sont consacrés soit à la culture de tubercules ou de plantes fourragères comme le maïs. Ce dernier, dans plusieurs régions du Cameroun est cultivé après les premières pluies chaque année en vue d’une vente directe ou d’une autoconsommation. J’ai décidé de faire pousser le maïs au potager pour trois raisons :

Maïs
  • L’autoconsommation : c’est l’ objectif de toutes les ménages qui prennent la peine d’effectuer cette culture saisonnière. Le mais peut-être consommé bouillit, braisé ou être transformé en poudre ou farine de maïs et être consommé sous forme de couscous.
  • Rotation de culture : les plantes au potager sont généralement sujettes aux maladies et aux attaques des ravageurs. Alors, en effectuant une rotation de cultures, c’est une espèce de lutte biologique contre ces maladies et ravageurs que l’on effectue.
  • Attirer les pollinisateurs : depuis que ces plantes ont bourgonnés ce sont des bourdonnements qui me réveillent certains matins. Une horde d’abeilles d’une certaine espèce a colonisé un coin de ma porte et y a installé son nid.
Petites abeilles noires

Des oiseaux ont commencé à fréquenter les pieds de maïs, cela augure que certains épis ont atteints le stade de la maturité. Alors, je vais pas être plus long que ça car du boulot de ce côté m’attend.

Ce qu’entraînent les pluies

Hello cher lecteur, après un moment de léthargie, je vous reviens aujourd’hui pour vous entretenir sur un nouveau sujet. Dans plusieurs regions du Cameroun, les pluies sont revenues et les promesses qu’elle entraînent réjouissent un bon nombre. En effet, La terre asséchée a pu se gorger d’eau et comme à chaque fois, a fait naître la vie. Il ya qu’a observer les luxuriantes verdures qui recouvrent la terre spontanément présentes ici et là pour s’en rendre compte. Ces verdures représentent pour les insectes un hâvre, pour les hervibores et les oiseaux une manne, une promesse pour leur panse. La pluie réalise également les desseins du cultivateur qui rêve d’une fructueuse récolte future dans ses champs.

Nous sommes sans ignorer qu’à l’amorce des premières pluies, l’accent est beaucoup plus mis sur l’ensemencement du maïs et de l’arachide pratiquement sur l’étendue du triangle national.

Champ de maïs

Toutefois, durant mes marches , j’ai aussi constaté que c’est également une période propice à la culture du gombo. L’espèce cultivée dans l’arrondissement de Bangourain, d’apparence naine produit des fruits sur une période courte et semble être la plus commercialisée dans nos marchés( je ne me suis pas penché sur l’espèce en question ).

Champ de gombo à Bangourain

De plus, grâce à la pluie, la terre nous révèle chaque année à la même période l’une de ces merveilles. En effet, du côté de cette région du pays ( Noun, Ouest Cameroun) et dans certaines régions du pays également, poussent de manière spontanée dès les premières pluies, des champignons. Pullulant à cette période dans la forêt, sur les versants des collines et des montagnes, les champignons peuvent pointer leur nez dans votre champ ou tout près de votre habitat.

Champignons près d’une maison

En ce moment où le prix de la viande et du poisson semble battre des records, le champignon encore connu sous le nom « chair blanche  » constitue une meilleure alternative pour les amoureux de la viande.

Les pluies ont déjà commencé à tenir leurs promesses et elles les tiendront encore. Les amoureux de la terre ne pourrons que se rejouir des merveilles renouvellées à chaque saison de pluies .

Une promesse de la terre. Vive la « viande blanche »

Le champignon comestible constitue une alternative aux autres viandes. Elle est moins coûteuse et apporte des nutriments indispensables au corps. Je crois que je vais l’adopter au potager.

Le Nkéa: l’aubergine de l’autre côté

Au Cameroun, lorsqu’on parle d’aubergine on se refère regulièrement à celle qui est connue sous le nom de djagattou ou zong. En effet, sa popularité est due au fait que son fruit est très apprecié ici au pays. Il est consommé cru, mûr ou non et est bien intégré dans la cuisson de certains mets traditionnels. Cependant, on s’interesse de plus en plus à l’aubergine gboma, non pas pour ses fruits mais pour ses feuilles et j’en fais partie.

Le solanum macrocarpon de son nom scientifique, la grande morelle en français est avec le djakattou (solanum aethiopic) des aubergines typiquement africaines. Le nom gboma qui lui est attribué vient des pays de l’Afrique de l’ouest (Benin et Togo) et ici au Cameroun, son nom vernaculaire varie en fonction des cultures : nkia (duala) étoué zom (ewondo).Peu repandue et méconnue auparavant, l’aubergine gboma connait aujourd’hui une popularité grandissante. A Douala par exemple, où sur les marchés elle est était extremement rare, elle commence à se tailler une place parmi les autres légumes. En sillonant les artères de certains quartiers périphériques de la cité capitale, j’ai pu constater qu’elle a été domestiqué par un bon nombre d’habitants dans leur potager. Mais que lui vaut cet intérêt? J’ai pu trouvé la réponse : ce sont ses feuilles. Cuites à la façon du ndolé, elles sont si croustillantes qu’elles se revèlent être une alternative voire même un farouche concurrent à ce plat traditionnel. D’autant plus que ce dernier en ce qui me concerne me donne des maux de ventre lorsque consommé en excès ou tard la nuit. Par contre les feuilles de l’aubergine gboma ne m’ont du tout mis dans cet état lorsque je les ai consommés dans les mêmes conditions. Depuis ce temps je l’ai adopté et je le cultive au potager.

L’aubergine gboma au potager

Les légumes feuilles occupent une place importante dans l’alimentation des camerounais. On ne s’en rend peut être pas compte mais c’est plus que réel. Le nkea s’invite dans nos potagers et dans nos plats, sachons en prendre soin.

Légumes feuilles traditionnels au Cameroun: Pour quel consommateur final?

Les légumes traditionnels sont ceux qui poussent sur nos terres de façon spontanée et qui sont inhérentes à notre culture de part les repas dont ils constituent la base . Ils s’opposent aux légumes dites exotiques, importés, venus d’ailleurs. Nous le savons, ces légumes ont longtemps été marginalisés et même si on observe un certain regain culinaire à leur égard aujourd’hui, il est difficile de croire que leur valorisation atteindra son point culminant de si tôt, surtout en ce qui concerne leur consommation. Consommation qui semble être impulsée par des motivations diverses que nous allons essayer d’examiner.

Des comptoirs qui proposent la vente des repas que ce soit à l’esplanade d’une buvette assez populaire ou dans un coin du marché, des mini restaurants et restaurants qu’on retrouve en zone urbaine présentent des fois au menu, des plats à base de légumes traditionnels. On observe que certains en ont même fait leur spécialité. La vente des repas sur des comptoirs est populaire dans nos métropoles à tel point que ces différents lieux ont reçu la dénomination de « tourne dos ». La plupart des consommateurs qui s’y invitent ont un quota financier qui ne dépasse généralement pas 1000 francs CFA au quotidien. Pour d’autres la limite c’est parfois 500 francs CFA. Pour les mini restaurants des quartiers moins huppés, la tendance est pratiquement la même à quelques exceptions près. Les plats à base de légumes traditionnels qu’on propose sont : le eru, l’okok, la sauce gombo, le ndolé, légumes sautés (folon, zom ou djap), le kwem. De tous ces plats le plus populaire c’est le eru accompagné du water fufu et/ou gari.

Fufu/gari et eru

Credit photo: les gourmandises de rk

Avec 500 francs on peut avoir une boule de fufu et de eru, avec 1000 francs on peut avoir deux boules et du eru. En ce qui concerne l’okok, avec 300 ou 350 francs on peut facilement avoir son repas. Par contre dans les restaurants des quartiers huppés il est difficile voire impossible de trouver des repas à base de légumes traditionnels, et même si c’est le cas ,combien d’habitués des lieux pourraient en passer la commande? Ce phénomène s’observe aussi dans les ménages. Les ménages ayant des revenus moyens ou modestes ont plus tendance à consommer des légumes traditionnels que les ménages ayant des revenus élevés. Comment expliquer cet etat des choses?

Plat d’okok

Credit photo: cedric ndawa

Les légumes traditionnels sont des denrées facilement périssables et de ce fait doivent être écoulés au plus vite du moment où on les arrachent de leur fond ou on les coupent de leur pied. En saison d’abondance, les bottes sont vendues à 200 ou 250 francs l’une. 300 à 350 francs pendant la saison moins propice. Les personnes ayant des revenus moindre seront donc enclin à plus se diriger vers ces légumes, ce qui n’est toujours le cas pour des personnes aux revenus assez élevés qui s’intéressent plus aux aliments ou légumes « modernes » . Bien qu’il existe des inconditionnels de certains repas à base de légumes , on peut dire que la première motivation de l’intérêt qu’on porte aux légumes traditionnels tourne autour du coût d’achat qui est abordable. On s’intéresse donc pour des personnes modestes, au faible coût d’achat de ces légumes qui permettent de confectionner un repas, qu’aux bénéfices qu’ils peuvent procurer à l’organisme. En effet les légumes traditionnels sont riches en mineraux, vitamines et possèdent d’autres facteurs nutritionnels. Les experts de la santé et de la nutrition aiment à nous le rappeler lorsque des problèmes vasculaires et d’obésité se présentent, et de là découle une autre motivation nous poussant à consommer les légumes traditionnels : les maladies vasculaires. Les maladies vasculaires sont pour la plupart dû à un déséquilibre alimentaire pouvant faire suite à un changement de statut social. Ce phénomène est de plus en plus présent au sein de notte société, heureusement que la sensibilisation à eu un grand écho mais ça n’empêche, certaines brebis ne font que suivre la voie de la perdition. Cest lorsqu’on est durement affecté que l’on se rend compte qu’il coûtait juste 200 francs pour éviter ce genre de problème.

Pour récapituler, en zone urbaine, les légumes traditionnels semblent être l’affaire des individus aux revenus modestes, mais à cause des maladies vasculaires, les personnes d’un autre statut social souffrantes sont d’une façon ou d’une autre contraintes à suivre un régime alimentaire à base de légumes traditionnels. Pourquoi attendre que cette situation s’installe avant de penser autrement? Les légumes traditionnels sont avec nous chaque jour, réadoptons les, ils ne demandent pas grande chose, juste un peu de terre et un peu d’eau. Ils vous le rendront.

Le voyage de la tomate (bienvenue à Bangourain)

Hello! Cher lecteur, ça fait longtemps! Je suis du côté du côté de l’Ouest Cameroun, précisément à Bangourain, une petite ville située à environ 40 km de Foumban. Durant mon séjour, je me suis adonné à quelques curiosités, parmi lesquelles celle de la logistique de la tomate.

Plaque située au centre de la ville de bangourain

La tomate est un légume fruit très consommée au Cameroun. Sous forme de sauce ou en crudité, on en raffole. D’ailleurs, elle est couramment utilisée dans la cuisson des repas locaux comme le djapche. Vous l’aurez compris, Bangourain se trouve en pays Bamoun. Les habitants de cette localité sont pour la plupart commerçants, pêcheurs ou cultivateurs. La culture de la tomate est l’une des activités phares de l’arrondissement et j’ai voulu savoir comment les cultivateurs/jardiniers procèdent pour l’acheminement de ce légume-fruit de cette zone rurale jusque dans les grandes métropoles.

La culture de la tomate s’effectue toute au long de l’année mais l’activité est plus intense en saison sèche en raison de la présence amoindrie des ravageurs de ce légume et aussi  parce que sa culture se déroule pratiquement dans les marécages qui peuvent souvent être inondés durant la saison pluvieuse.

À l’approche du mûrissement, les cultivateurs de tomates se rendent dans les champs pour la cueillette avec les membres de leur famille ou des individus recrutés pour l’occasion. Certains parmi eux se chargent uniquement de la cueillette , les autres s’attelent à transporter les tomates dans des cageots où elles ont été disposé au préalable. Les cageots sont ainsi acheminés jusqu’aux véhicules qui les conduiront dans les différentes villes pour distribution.

Cageots de tomates
Véhicule
Prêts pour le chargement

À cause du caractère extrêmement périssable de la tomate, ces opérations se passent en fin d’après midi et le voyage se déroule toute la nuit pour qu’enfin, la marchandise soit présente aux premières lueurs du matin dans les marchés de vivres frais comme celui du 8eme dans la ville de Yaoundé et celui de sandaga à Douala.

Marché 8ème Yaoundé, Cameroun
Marché 8ème,Yaoundé – Cameroun

Le prix du cageot varie en fonction de la production et de la santé du marché. Ce prix est compris entre 5000 et 9500 lors des bonnes périodes, et peut monter à 11000 ou 12000 frs durant les périodes dures. En juin 2020, les prix de la tomate ont connu une chute drastique. Un cageot se vendait à 2000 ou 3000 frs faisant le malheur des producteurs et le bonheur des consommateurs. Mais depuis  lors, tout semble être revenu à  la normale après une période de remontée flamblante des prix.

Mon histoire avec le jardinage

Le jardinage et moi c’est une histoire un peu particulière, cependant j’aimerai vous la faire connaitre,ceci en quittant de son origine pour passer par des débuts plutôt plaisants et enfin présenter son impact dans ma vie.

Au commencement était un regret

Qui se rappelle de son premier regret ? Je  me souviens parfaitement du mien en tout cas. C’était un mois de septembre, la rentrée des classes était donc proche, mais cela n’empêchait, j’étais prêt à me rendre avec ma mère à sa boutique au marché une énième fois. Nous étions sur le point de nous en aller lorsque mon père sortit de son petit hangar avec machette, râteau, pelle et je lui demandai ce qu’il voulait en  faire. Il répondit qu’il allait creuser un grand trou et à côté remuer la terre pour y mettre des plantes. Face à cette réponse, mon visage s’est  illuminé, chose qui ne lui avait pas échappé, c’est alors qu’il me proposa de rester travailler avec lui, mais sur le coup je déclinai.  Au marché, je n’étais pas  à mon aise comme à l’accoutumée, mes idées convergeaient vers la maison en permanence, vers le travail que mon père devait abattre sans moi. J’aurai aimé me salir les mains, les vêtements, sans toutefois avoir ma mère sur mon dos, cela aurait été quelque peu légal. Ça me rongeait à l’intérieur, pourquoi ai je refusé de rester ?  Non seulement, je  broyais du noir et la colère m’emplissait de plus en plus. Assis devant la boutique, je regardais et c’était toujours les mêmes visages que je voyais, les mêmes appels que les commerçantes lançaient à l’endroit des clients et ces conversations d’adultes auxquelles je ne comprenais rien. Le cœur serré, je priais que l’on rentre vite, plus rien ne me plaisait même pas les fameux beignets qu’on accompagnait avec ce liquide parfumé au gingemgre donc je raffolais D’ailleurs c’était l’une des principales raisons qui me poussait à accompagner ma mère au quotidien. De retour à la maison, grande fut ma déception car j’espérais trouver mon père labourant encore  la terre, mais il avait déjà terminé.Paternel, il me dit alors que la prochaine fois sera la bonne si au préalable je fais le bon choix.

goyavier

Premiers pas         

Tout petit, j’ai commencé à assister mon père dans ses travaux, à utiliser le matériel et à savoir  remuer la terre. J’avais une préférence pour ce matériel qu’est  la serfouette car légère et facile à manier même si un jour elle me fit un joli trou à la plante du pied. Mon père avait un faible pour le bananier plantain,il en cultivait en abondance mais moi je voulais essayer autre chose, c’est alors que j’ai décidé un jour de mettre en terre mon premier arbre fruitier, c’était un manguier. Par la suite, ce fut le tour du corossolier, de l’avocatier, du papayer et du cocotier. Cela a été une réussite, mais pour les arbres comme le safoutier et le goyavier, échec total. Peut être la qualité du sol ne leur seyait pas. Il faut dire qu’a l’époque, je ne maitrisais pas parfaitement la composition et la structure de mon sol, mais qu’a cela ne tienne , nous n’avions pas eu pendant quelques années durant, besoin de dépenser un centime pour avoir un de ces fruits, il suffisait juste de les cueillir. 

Suite  à une leçon  sur la germination au cours élémentaire, l’enseignante nous demanda d’effectuer une activité pratique et c’est à ce moment que je mis en pot ma première plante (le haricot).Cependant, le jardinage en pot ne m’intéressais guère, j’avais suffisamment d’espace pour cultiver ce que je désirais directement au sol.

,La cour arrière de la maison était devenue un verger, les fruits pendaient à profusion des arbres, c’était aussi un espace nourricier pour des espèces comme les oiseaux, les insectes et même des mammifères (chauves-souris). Cependant,  la  présence de ces derniers n’était pas du goût de tout le monde. Ce fut l’une des raisons qui fit en sorte qu’on abatte une bonne partie de ces arbres, mais j’ en n’étais pas pour autant triste car je me disais que j’avais accompli quelque chose si jeune que j’étais, qu’il existe un recommencement et, si ce ne sont pas avec  des arbres  que je recommencerai, ce sera avec des plantes , si c’est pas un verger ce sera un potager, mais quoiqu’il se passe que je fasse pousser près et autour de moi arbres et végétaux où que je sois.

l

Aujourd’hui, un éternel passionné.

,Le temps s’est écoulé, j’ai grandi, changé de lieu d’habitation mais je demeure l’éternel amoureux de la terre, des plantes, bref amoureux  de la nature. Je n’ai pas assez d’espace ici mais je ne m’en sors pas mal, je fais pousser des plantes autour de moi. De plus, une chose étonnante est arrivée. J’ai sans le vouloir fait émerger de terre un safoutier et un goyavier, rappelons nous ces deux arbres n’ont pas réussi à se développer au verger familial. Juste retour des choses ? Je n’en sais rien, mais la nature fait parfois bien des choses. Malheureusement, ils prennent trop d’espace et risquent à la longue me causer des problèmes de mitoyenneté je dois donc les abattre. L’apprentissage pour l’amateur que je suis est perpétuel, j’apprends des autres et je découvre des choses fascinantes, le potager m’en dévoile un peu plus tous les jours et franchement c’est un régal. Certes, cela  parait bizarre dit de cette façon, mais je suis un passionné de la chose et c’est avec un brin d’émotion que je m’exprime. Ainsi, à cause de cette passion je réponds toujours présent à l’appel de la terre, je m’attelle à préserver la biodiversité présente au potager, à apporter un plus à l’environnement pour qu’afin la terre garde son sourire.

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :